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Ode à Berlin, la ville dont je suis tombée amoureuse

Carlotta est tombée amoureuse de Berlin, la capitale Allemande. Elle t'explique les raisons de l'amour qu'elle porte à cette ville, dans un témoignage enthousiasmant.

Temps de lecture : 4 minutes

Témoignage initialement publié en mars 2020

J’ai débarqué à Berlin en 2016, un sac à dos sur les épaules pour tout bagage, un amoureux sous le bras, de l’enthousiasme à revendre et mes 26 bougies fraîchement soufflées. Je m’y suis installée parce que j’étais tombée amoureuse de ce pays lors d’un séjour de 4 mois l’année précédente, d’où j’étais revenue à Paris en étrangère, pas à ma place.

J’avais fait de cette ville la mienne, mon point de rattachement, ma bouée de sauvetage entre deux galopades internationales.

J’ai rappliqué à Berlin sans autre but que de m’y construire une vie, du genre vélo-boulot-potos, comme tant d’autres jeunes d’Europe et d’ailleurs.

Mes premières rencontres avec la ville s’étaient faites dans la pluie et la neige du rude hiver Berlinois, mais pas seule : 2 ou 3 ami·es et connaissances installé·es là m’ont accueillie dans leur salon, traînée dans leur cave-atelier d’artistes préférée, ont parcouru avec moi leur spot de running chéri.

Et quand, dans les 2-3 années qui ont suivi mon arrivée ici, on m’a demandé (environ 200 fois) comment je trouvais la vie à Berlin, j’ai répondu que j’étais arrivée avec des attentes, et qu’elles étaient satisfaites en tout point.

Berlin : une ville vegan-friendly

Même si la situation s’améliore un peu partout en France et particulièrement à Paris, on ne peut pas dire que la terre mère du saucisson et du bœuf Bourguignon soit le pays favori des végés. Peu d’options, et beaucoup d’ignorance.

Après 2 ans à expliquer à chaque soirée comment je tenais debout sans manger d’animaux, quel bonheur et quelle libération d’arriver à Berlin ! Ici, on mange vegan à chaque coin de rue, sur le pouce ou dans un très bon resto.

Ici, rares sont les personnes qui lèvent un sourcil en apprenant que tu es vegan. Glaces, gâteaux, burgers, turcs et j’en passe, j’ai une ou plusieurs adresses favorites dans chaque catégorie, et les visites de mes ami·e·s ou de ma famille se transforment en séjours gastronomiques.

Berlin : une ville avec moins de harcèlement de rue

Là encore, Paris et la France ont de quoi s’améliorer. Quand même après avoir arrêté d’utiliser les transports en commun, tu te fais harceler tous les jours, c’est que le problème est très, très gros.

A Berlin, je peux compter sur les doigts des mains les comportements sexistes subis. Dans certaines situations, je me crispe, j’attends avec angoisse les regards lourds, les sifflements, les commentaires, et puis… Rien. Je respire, et je me rappelle où j’habite.

(Bon, d’après mon mari, tout le monde me regarde, mais d’une part il n’est pas très objectif, et d’autre part, simplement regarder les gens, ce n’est pas interdit.)

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Berlin : une ville avec de l’espace

J’ai réalisé en habitant ici à quel point la question de l’espace était importante sur l’atmosphère d’une ville. A Paris, tout est tassé, étroit, riquiqui, et occuper un centimètre carré devient une lutte sans nom, un combat de chaque instant, que ce soit sur le trottoir, dans les transports en commun ou dans la cour de son immeuble.

Pas étonnant que nombre de parisien·ne·s soient si grincheux·ses ! A Berlin, au contraire, il y a de la place. Dans les parcs en été, on ne se demande pas si on va trouver une place pour déplier sa nappe de pique-nique pour 2 personnes, on peut plutôt jouer au foot juste à côté.

Sur les trottoirs, on peut se lancer dans une valse effrénée sans frôler d’autres passant.e.s. On peut être tassé dans les transports aux heures de pointes, mais c’est sans mesure avec la ligne 13 à 8h !

Pour les logements, c’est la même chose : une chambre de 20m² dans une coloc ? C’est la base. Une immense cour d’immeuble avec jardin et garage à vélo ? Normal. Ce qui m’amène à mon dernier point…

Berlin : une ville cycliste

Certes, je n’ai pas encore roulé à Copenhague, et j’admets bien volontiers qu’il y a des efforts à faire à Berlin, mais après 4 ans de Vélib’, quel bonheur de rouler ici !

Non seulement il y a des pistes cyclables presque partout, mais surtout, les cyclistes sont rois et reines ! (Certain·es un peu trop. Big up à tous·tes les passant·es qui se font tailler un short par les nombreux·ses chauffard·es à vélo pressé·es.)

ll faut évidemment rester vigilant, comme mes nombreuses chutes l’attestent, mais globalement, les automobilistes pensent à nous, et ça, ça change la vie de tes genoux.

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Et puis, au-delà de ces quatre points, il y a… Tout le reste, pardi ! La vie culturelle alternative, en perdition mais toujours présente. Le charme de certains quartiers, même si certains axes sont laids au possible.

L’abondance de petits cafés indépendants. Les grand·es allemand·es. (je fais 1m80, et j’aime ne plus me sentir grande). Les « Volksküche » dans les bars punks, où tu manges pour 3 euros dans une atmosphère conviviale.

Les lacs où se baigner, en été pour la plupart, en hiver aussi pour certain·es (dont je fais partie!). Les marchés aux puces et les boîtes d’objets à donner déposées dans les rues le dimanche. La décontraction sur l’apparence physique.

La FKK, aussi (Freikörperkultur, soit la culture du corps libre, le fait que des gens avec et sans maillot se côtoient au bord des lacs et que personne ne s’offusque pour un bout de téton apparent.)…

Ouais, vraiment, c’est pas très étonnant qu’on soit autant à s’y ruer. Mais si tu es tentée aussi, fais le vite, la ville change à toute vitesse, pas tellement pour le meilleur mais plutôt pour le pire…

Et si tu viens pour des vacances et souhaites éviter de faire trop la touriste, fais moi signe !

Bon bah je sens que je vais bientôt prendre des billets pour aller y faire un tour. Toi aussi ?

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Le dernier commentaire

20 Août 2020, à 23:28
Merci pour ce témoignage ! J'ai pour projet de partir à Berlin l'année prochaine pour quelques mois, je me renseigne déjà au niveau du logement, c'est vrai qu'il y a énormément de demandes... Niveau travail je ne sais pas si, avec le covid, c'est plus difficile de trouver actuellement... Je suppose qu'il y a moins d'opportunités dans le secteur de l'emploi touristique
 
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