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Ma vie de dragueuse (un peu boloss) sur LinkedIn

Alix se sert de LinkedIn au quotidien, mais parfois, elle détourne l'utilisation du réseau social pro pour draguer plus ou moins discrètement ses crushes.

Temps de lecture : 6 minutes

J’ai passé 3 ans en école de commerce à regretter mes longues nuits de fiesta en cours le lendemain.

Forcément, je n’ai pas appris grand-chose, sinon j’imagine que je n’écrirais pas cet article et que je serais plutôt en train de brasser de la thune à faire des M&A.

Mais un cours en particulier a tout de même retenu mon attention ; on l’appelait Trajectoire Individuelle (ou TI, l’acronyme opaque d’un concept déjà peu clair, qui fait partie d’un jargon d’école de commerce visant à exclure toutes celles et ceux qui n’y ont jamais mis les pieds) (voir plus haut : M&A, qui signifie en réalité Mergers & Acquisitions… mais même en toutes lettres ce n’est pas super parlant, n’est-ce pas ?).

Au moins, le cours de TI était compatible avec mes gueules de bois puisqu’il s’agissait simplement de savoir découper dans des magazines pour créer des moodboards de mon futur, ou de me trouver des caractéristiques communes avec un chacal pour en faire mon animal totem.

Et on y apprenait aussi à utiliser le réseau social le plus boring et le plus m’as-tu-vu de la Terre à mes yeux : LinkedIn.

Si comme moi les posts commençant par « Cher réseau » te filent la gerbasse et que tu t’en fous royalement des mises à jour de l’activité professionnelle de ton voisin de classe en CM2, laisse-moi te guider vers la partie cachée de LinkedIn : la dragouille.

LinkedIn, le réseau parfait pour les dragueuses débutantes

Je ne suis pas une pro de la drague, même si après un ou deux cocktails je parviens à battre légèrement des cils.

Mais pour draguer derrière mon clavier, je deviens une catastrophe ambulante quel que soit mon niveau d’alcoolémie.

Et pourtant j’adooooore la sensation du jeu de séduction.

Du coup, ce que j’aime dans LinkedIn en tant que dragueuse débutante, c’est qu’il existe plein d’outils qui facilitent la prise de contact en douceur, sans avoir besoin de forcer.

La drague sur LinkedIn est subtile, toujours entre deux eaux, comme elle peut l’être au bureau ! Elle a un goût d’interdit, et c’est ça qui est bon.

Les regards pleins de sous-entendus, les gestes qui paraissent anodins et qui sont pourtant calculés, les « bonjour » suaves qui me font me poser mille questions, ça m’excite beaucoup. J’aime me faire des films pendant des heures, des jours voire des mois.

Donc forcément, j’adore draguer au bureau (enfin je bosse chez madmoiZelle là, donc bof). Et par extension, je drague sur LinkedIn.

Bien sûr, le but premier de ce réseau social n’est en aucun cas la rencontre amoureuse, mais personnellement, j’aime à croire qu’elle peut intervenir partout : dans un bar, sur Instagram, et même sur le réseau le moins sexy du monde.

En revanche, quand je vois que mon crush ne veut pas utiliser LinkedIn de cette manière, je me calme di-rect.

Et au moment de ce rejet, j’aime avoir cette position de repli pour me dire :

Au pire, il a cru que tes intentions étaient professionnelles.

Et hop, le tour est joué ! Déni activé, râteau évité. Je suis une dragueuse pleine de lâcheté.

Voici donc, lectrice, les différents niveaux de mes techniques de drague très prudente sur LinkedIn.

La traque incognito sur LinkedIn

Tout a commencé il y a quelques années, quand j’ai repéré dans les bureaux de la boîte où je travaillais un homme très charmant, et avec qui un jeu de regards brûlants a commencé.

C’était son premier jour de travail, et quand mes yeux ont croisé les siens, j’ai expérimenté un mini coup de foudre.

Wow, mais c’est qui ce petit nouveau ?

Nos open spaces n’étaient séparés que par un simple couloir, qui s’est révélé devenir une barrière infranchissable entre nos deux services, lesquels n’avaient pas pour habitude d’échanger ne serait-ce qu’un « bonjour ». J’étais Juliette Service Marketing, lui Roméo Service Financier.

Nous avons commencé par nous échanger de timides coups d’œil, incertains de la réciprocité de notre attraction. Mais au bout de quelques semaines, je m’étais dégoté tout un tas d’excuses pour passer devant son bureau 34 fois par jour, afin que nous nous dévorions des pupilles.

Mes collègues et amies m’ont d’abord prise pour une folle, puis en interceptant l’un de nos échanges silencieux emplis d’une tension charnelle indéniable, elles m’ont immédiatement demandé pourquoi je ne faisais pas quelque chose pour l’aborder.

Mais quelle drôle d’idée ! Moi j’adorais ce jeu, et je n’allait pas m’arrêter pour découvrir qu’on n’avait vraiment rien d’intéressant à se dire, ou pire, que le sexe torride que je m’imaginais n’existait pas. J’aime le jeu et l’imagination, pas le risque.

Et puis, j’avais bien compris qu’il avait une meuf, donc les regards ne risquaient pas d’aller plus loin que ça de mon côté, ni du sien.

Mais est venu le moment où j’avais besoin d’un peu plus. Un nom, au moins !

C’est là que LinkedIn entre en jeu.

J’ai tapé le nom de ma boîte dans la barre de recherche et j’ai écumé tous les noms de tous ceux qui s’en étaient revendiqués comme employés.

C’était une GROSSE entreprise. J’y ai sacrifié beaucoup de pauses café (creep alert). Et enfin, j’ai aperçu sa tête à côté de son joli nom. BINGO.

Passage en mode incognito exigé : je me connecte en navigation privée. Sinon, ce délateur de LinkedIn l’aurait notifié que j’étais passée par là. Et ce n’était pas (encore) mon but. Comme je t’ai dit lectrice, j’y vais dou-ce-ment.

Enfin, en regardant son profil LinkedIn, j’ai eu accès à ses rêves et ses aspirations via les pages qu’il aimait, son parcours, ses compétences…

Ah, il a fait HEC ? Trop cool, on pourra partir en vacances en Corse alors.

Bref, le film dans ma tête pouvait continuer de se dérouler tranquillement… Jusqu’à ce que je doive quitter mon travail, et ainsi me résoudre à ne plus jamais le revoir.

Ô Roméo, pourquoi es-tu Roméo ?

Le jeu de regards sur LinkedIn

Quelques mois après avoir quitté mon job, j’ai reçu une notification LinkedIn, comme à chaque fois que quelqu’un consulte mon profil.

Mon cœur a sauté un battement : Roméo m’avait retrouvée, lui aussi.

Sans la moindre hésitation, je me suis rendue sur son profil à mon tour. Puis il est revenu sur le mien. Et moi sur le sien.

Et ainsi a recommencé notre manège de regards langoureux à travers le réseau social.

La tension électrique était de retour, nous nous visitions pratiquement tous les jours.

Et puis un jour, ou plutôt un soir, j’ai sauté le pas (quel courage !) : j’ai appuyé sur le bouton « Se connecter » à 2:03 du matin.

À 2:04, mon Roméo m’a acceptée, je n’étais que joie.

Attention, lectrice, l’histoire s’arrête brutalement ici. Le flambeau de la romance LinkedIniesque s’est petit à petit éteint entre Roméo et moi, et notre sentence fut irrévocable.

Il n’empêche que je garderai toujours un souvenir émoustillé de ce batifolage digne d’un roman moderne de Jane Austen (où l’action n’est pas au cœur de l’intrigue, manifestement).

Et détrompe-toi si tu crois qu’Alix la dragouilleuse de LinkedIn s’est arrêtée là.

Liker et commenter sur LinkedIn

Depuis ce jour, je suis devenue une serial dragueuse du LinkedIn game.

Et j’adore la facilité avec laquelle tout le monde peut liker et commenter sur LinkedIn, mais que personne ne le fait très assidûment (à part Jean-Bapt qui a pris spécialité entrepreneuriat et est désormais persuadé qu’il pourra obtenir un 25ème stage non payé en start-up en commentant chaque post).

En effet, j’ai plus de 500 relations sur LinkedIn, et seulement 6 réactions à mon dernier post.

Alors perso, quand l’appel de la drague chatouille mon clavier, je vais poser des « j’aime », « j’adore », des « instructif » ou des « intéressant » sous les posts barbants de mes crushes. Au moins je sais qu’ils les remarquent !

Et sans déconner, LinkedIn me mâche la moitié du travail. Il me propose sans cesse de féliciter untel pour ses 9 ans de boîte ou unetelle pour son nouveau job avec des phrases toutes prêtes. Allez hop, je slide dans les DM de mes p’tits BG en deux temps trois mouvements.

Je ne compte plus les « Bravo pour votre nouvel emploi ! » que j’ai envoyés, auxquels on me répond par une nouvelle phrase super boring et/ou super ringarde pré-écrite par LinkedIn. Voire un emoji. Mais c’est ça qui est drôle !

Après quelques échanges vides pour tester la température, la vraie conversation peut commencer. Mais peut-elle aller vraiment plus loin qu’un sous-entendu coquinou sous couvert de discussions de taf ?

C’est ici, lectrice, que je dois m’avouer vaincue. Si la drague sur LinkedIn est tout à fait possible et très praticable, elle reste cependant de mon côté non-transformée.

Je n’ai jamais pécho sur LinkedIn.

Et je pense que ça vient aussi de l’appli en elle-même ! Draguer sur LinkedIn, c’est comme draguer du Roméo au bureau : ça doit être impalpable et avoir un côté presque illicite.

Pécho sur LinkedIn… C’est à mes yeux comme te galocher avec ton collègue devant ton boss : pas ultra agréable.

Mais qui sait, l’avenir me fera peut-être changer d’avis, et dans quelques mois, je t’écrirai peut-être comment je pécho à tour de bras sur LinkedIn !

Et toi alors lectrice, tu t’y es essayée à la drague sur LinkedIn, ou ça te rebute rien que de l’envisager ?

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Le dernier commentaire

3 Juin 2020, à 11:16
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