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3 secteurs où le sexisme se porte encore très bien

Le Haut Conseil à l'Égalité entre les femmes et les hommes vient de publier son rapport annuel sur l'état des lieux du sexisme en France. Celui-ci se penche plus particulièrement sur le monde du travail, les médias et la vie politique : trois secteurs où il reste encore BEAUCOUP de travail.

Temps de lecture : 4 minutes


Comme chaque année, le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes (HCE) publie son rapport annuel qui dresse un état des lieux du sexisme en France et formule des recommandations pour améliorer la situation.

Très complet, le rapport commence par rappeler la définition du sexisme retenue par le HCE :

« Le sexisme est une idéologie qui repose sur le postulat de l’infériorité des femmes par rapport aux hommes, d’une part, et d’autre part, un ensemble de manifestations des plus anodines en apparence (remarques) aux plus graves (viols, meurtres). Ces manifestations ont pour objet de délégitimer, stigmatiser, humilier ou violenter les femmes et ont des effets sur elles (estime de soi, santé psychique et physique et modification des comportements). »

État des lieux du sexisme en France en 2019

L’organisme fait ensuite le bilan de l’année 2019 avec ses moments marquants pour la lutte contre le sexisme, ses bonnes et ses mauvaises nouvelles : Grenelle des violences conjugales, burn-out militant, fin de l’omerta sur les violences sexuelles dans le monde du sport, libération de la parole autour des violences obstétricales et des menstruations, etc.

Le HCE dresse ensuite un bilan chiffré des manifestations et des conséquences globales du sexisme sur la vie des femmes, avant de se concentrer plus spécifiquement sur trois secteurs : le monde du travail, les médias et le milieu politique.

Le sexisme au travail : un fléau qui concerne 6 femmes sur 10

Les entreprises (et avant elles les grandes écoles et les universités) sont des espaces dans lesquels le sexisme a la vie dure. Selon une étude menée en 2019, 60% des Européennes déclarent avoir déjà été victimes d’au moins une forme de violence sexiste ou sexuelle au cours de leur carrière.

Les jeunes femmes de moins de 30 ans sont plus nombreuses à déclarer avoir subi des violences sexistes ou sexuelles, sans doute parce qu’elles sont plus sensibilisées à la question et/ou qu’elles les tolèrent moins.

Le rapport du HCE note également que les femmes lesbiennes ou bisexuelles sont plus touchées par ce type de violences, tout comme les femmes musulmanes qui subissent une double-discrimination.

Contrairement à une idée reçue que j’avais (et que tu as peut-être aussi), les violences sexistes et sexuelles ne sont pas majoritairement du fait du supérieur hiérarchique. Ce sont plutôt les collègues, les clients ou les fournisseurs qui les commettent.

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Pour lutter contre le sexisme dans le monde du travail, le Haut Conseil à l’Égalité formule plusieurs propositions. Il préconise notamment d’intégrer le thème des violences sexistes et sexuelles dans les négociations collectives obligatoires sur l’égalité professionnelle. Mais aussi de mieux protéger et former les référent·es harcèlement sexuel nommé·es dans les entreprises de plus de 250 salarié·es depuis le 1er janvier 2019.

Le sexisme dans les médias : temps de parole et téléréalité

Le rapport se penche ensuite sur le sexisme dans les médias, et en particulier à la télévision. Le HCE rappelle d’abord que la parité n’est pas atteinte à l’écran : 42% de femmes contre 58% d’hommes, et même seulement 29% de femmes aux heures de grande écoute.

C’est encore pire quand on regarde les invité·es politiques (27% de femmes) et les expert·es (17% de femmes), ou quand on s’intéresse au temps de parole effectif des femmes, qui est de 32,7%. Là aussi, le HCE souligne que c’est encore plus compliqué pour les femmes non blanches et/ou handicapé·es.

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Le HCE s’est également intéressé plus particulièrement au cas de la téléréalité en analysant trois émissions spécifiques (les Marseillais, les Anges de la téléréalité et Koh-Lanta). Son constat est sans appel (mais pas très surprenant) : le sexisme est très présent dans ce type d’émissions qui participent à entretenir le culte de la virilité, les stéréotypes de genre et la sexualisation des femmes.

L’organisme se penche enfin sur le cas du concours de beauté Miss France, et notamment sur les critères à remplir pour candidater (ne pas avoir d’enfant, ne pas être mariée, divorcée ou pacsée, etc).

Là aussi, le HCE formule certaines recommandations, et notamment celle de renforcer le pouvoir du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) pour qu’il puisse imposer à chaque chaîne de progresser annuellement en matière de représentation des femmes.

Le sexisme en politique, chasse gardée des hommes

« Le pouvoir politique est un bastion incontesté des hommes et les femmes y sont vues, plus que partout ailleurs, comme des intruses menaçantes ».

C’est ainsi que s’ouvre la dernière section du rapport du HCE consacrée au sexisme en politique. Alors que les élections municipales auront lieu dans quelques jours, l’organisme rappelle qu’il reste des « zones blanches » de la parité en politique, malgré les lois successives sur le sujet.

Ainsi, les listes pour les élections municipales doivent être composées du même nombre de femmes que d’hommes, avec une alternance stricte. Ces derniers représentent toujours 84% des maires de France et 92% des présidents d’intercommunalités. De plus, les communes de moins de 1.000 habitants ne sont pas soumises à ces obligations. Un manque que le HCE préconise de combler en instaurant une règle de parité pour elles aussi.

Le rapport note enfin que le temps de parole des hommes à l’Assemblée nationale est beaucoup plus important que celui des femmes et qu’il existe un véritable sentiment d’impunité dans les monde politique en matière de violences sexistes ou sexuelles.

Pour en fini avec ce problème, le HCE recommande justement d’instaurer une peine d’inéligibilité pour les élus condamnés pour ce type de violences.

Pour aller plus loin : N’hésite pas à aller consulter le rapport du Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes dans son intégralité !

Et toi, tu as déjà vécu des situations sexistes au travail, à la télé ou en politique ? Viens en parler dans les commentaires !

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Le dernier commentaire

3 Mar 2020, à 16:38
Effectivement les quotas font toujours se poser des questions. Mon beau-père a lui même galéré à finaliser sa liste car il lui manquait des femmes (petites communes, mais plus de 1000 habitants). Mais au moins ça l'a forcé à aller à la rencontre de pleiiiiin de femmes du village, d'habitude discrètes. Il y en a beaucoup qui ont refusées, mais souvent ce n'est pas l'argument du temps qui a été mis en avant mais ... le manque de compétences. Les femmes se dévalorisent beaucoup ! Et le fait d'aller les voir et des les encourager a été bénéfique pour tout le monde (même si très chronophage).
Ca ne devrait pas être au futur maire de combler le souci éducatif qu'on a avec les femmes c'est sûr, mais dans cette commune, il y a participé.

Petit rappel : les femmes, vous pouvez le faire ! Vous avez souvent autant de compétences que votre voisin en politique !! :fleur:
 
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