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Ma vie en couple précipitée par le confinement (Journal de bord)

C'est comment le confinement à cause de coronavirus ? Difficile à gérer, surtout quand on est un jeune couple qui découvre la vie à deux ! Cette Rockie te partage son journal de bord, à J+4 de vie commune avec son mec.

Temps de lecture : 7 minutes

Habiter prématurément en couple pendant une durée indéterminée, alors que nous sommes ensemble depuis seulement 10 mois et en relation à distance au quotidien… ce n’était pas prévu.

Mais avec la perspective d’une quarantaine nationale pour une durée que j’estimais d’au moins un mois, dans mon petit appart de région parisienne, j’avoue avoir paniqué.

Bien avant l’annonce du confinement, j’ai décidé de prendre mes cliques et mes claques et de me réfugier dans la campagne du Poitou-Charentes chez mon cher et tendre pour être au grand air, et surtout ne pas être loin de lui.

Ça a l’air mignon, dit comme ça. Mais au quotidien, ce n’est pas toujours rose. Alors j’ai décidé de partager avec toi mon journal de bord de confinement en couple.

C’est parti pour un résumé, après 4 jours de vie commune, dont 2 de confinement obligatoire et total.

Un jeune couple en relation à distance

Mais avant de commencer, il me faut mettre un peu de contexte.

J’ai 26 ans, mon mec en a 25 le mois prochain. Il y a 10 mois, quand on s’est rencontrés, il n’y a eu aucune discussion ni aucune hésitation avant que l’on commence à penser à deux, qu’on projette à deux, qu’on veuille être deux encore très très très très longtemps.

Je vis en région parisienne au quotidien, lui aussi mais dans une banlieue fort éloignée de la mienne. Mais en septembre, il a eu le bonheur d’être accepté dans l’école de ses rêves dans le Poitou-Charentes, alors il a déménagé.

Après seulement 3 mois de relation, il a donc fallu gérer son départ et le fait de séparer notre quotidien pour une durée d’au moins 2 ans et demi. Mais la question de se séparer ou de rester ensemble ne s’est même pas posée.

Bien sûr qu’on va rester ensemble.

Depuis, nous nous voyons très souvent, claquant notre petit budget de smicarde et d’étudiant dans des voyages en train, en Bla-Bla-Car, ou bien dans des pleins d’essence.

Il y a parfois des bas, souvent des hauts, et nous avons traversé quelques moments difficiles, mais nous le savons : notre couple est en construction, et ça prend du temps, surtout à distance.

Il faut gérer financièrement, gérer notre vie personnelle et intime avec notre famille et nos potes respectifs tout en continuant à trouver du temps pour être deux.

Il faut accepter de ne pas vraiment faire partie du quotidien de l’autre, et de ne pas pouvoir partager des moments de vie sociale autant que l’on voudrait

Alors nous nous engueulons un peu, nous nous retrouvons avec le sourire et beaucoup d’amour, et nous vivons notre relation, en construisant des projets pour après, quand nous pourrons ENFIN passer tout notre temps ensemble.

Petit à petit, pas à pas… jusqu’au coronavirus.

Avec la pandémie et le confinement, nous avons été catapultés tout à coup dans une vie de couple, et franchement, l’adaptation est parfois peu difficile.

Se confiner en couple pendant la pandémie du coronavirus

Au moment où j’écris ces lignes, cela fait donc seulement 4 jours que j’ai débarqué chez mon mec et ses deux colocs.

Je connais la maison, ainsi que ses deux colocs qui sont des filles adorables et faciles à vivre. La maison est assez grande (110 m²), il y a un grand jardin, un minou, il est donc possible de garder son intimité.

Mais avec le stress qu’a engendré dans mon cervelet toutes les news liées au Coronavirus ces dernières semaines, mon nouveau projet professionnel qui est quasiment tombé à l’eau en l’espace de 10 secondes, mon tempérament d’ours en hibernation quand je n’ai pas trop le forme, plus mon syndrome prémenstruel en pleine action…

J’avoue que j’avais surestimé ma capacité d’adaptation.

À lire aussi : Confinement et syndrome prémenstruel : ma journée du seum

Vivre en couple à cause du confinement J+4 : ne pas rester collés

Comme d’ordinaire nous vivons à distance, il est clair que quand nous nous retrouvons, nous passons notre VIE collés.

Nous dormons ensemble, évidemment, nous nous lavons ensemble, nous nous brossons les dents ensemble, nous ne nous quittons pas d’une semelle pendant généralement la durée d’un week-end.

Ce réflexe a été assez difficile à perdre, puisque par habitude, et même alors que je télétravaille tous les jours de 9h à 18h, il a fallu que j’apprenne à mon cerveau qu’il est important pour notre santé mentale de faire des choses chacun de notre côté pour mieux nous retrouver ensuite.

Nous avons donc commencé par rester collés en travaillant, rester collés le soir, rester collés tout le temps. Et quand j’ai senti que j’ai petit à petit eu envie de le tuer pour des raisons vraiment futiles, nous nous sommes naturellement éloignés.

Je me lave seule également, comme une grande fille (bravo), même si l’envie d’inviter mon amoureux à mes douches quotidiennes me traverse l’esprit, car je sais qu’au fond de moi j’ai besoin de garder mon intimité

Alors en dehors de la pause sex and food entre midi et deux, chacun reste dans son coin, et les hippopotames sont bien gardés.

Vivre en couple à cause du confinement J+4 : du sexe, du sexe, du sexe

Ayant une libido qui prend BEAUCOUP de place dans mon quotidien, et mon mec étant loin d’être en reste, autant vous dire que la « confinement vie » s’est vite transformée en « baise dans tous les coins vie ».

À l’annonce du confinement, l’un de nos premiers objectifs a été de faire un stock de préservatifs et de tests de grossesse (sait-on jamais ?) pour ne pas manquer, et à ce rythme, je pense que nous allons devoir nous ravitailler en capotes.

Malgré notre apparence négligée et notre style jogging/pyjama quotidien, il est très difficile de ne pas nous sauter dessus dès que nous nous voyons.

Étant dans l’incapacité de se limiter aux parties de jambes en l’air du matin et du soir dans le lit, nous avons rajouté la pause sex & food entre 12h et 14h, pour tout de même respecter mes horaires de travail.

Bien sûr, la présence des colocs nous empêche grandement de déraper et de transformer nos journées de travail en journées de baise infinie, et je les remercie pour cela.

Il y a aussi un autre aspect de notre sexualité qui a été bouleversé en vivant tout à coup à deux : la masturbation. Heureusement, notre liberté de parole et notre communication hors pair nous ont permis de vite dépasser ce petit souci.

Quand une envie soudaine de se branler apparait, nous nous le disons, et nous nous branlons ensemble. Il se branle, je me branle, nous nous branlons chacun de notre côté mais dans la même pièce…

Ce confinement est le festival de la branlette.

Bien sûr, ce n’est pas pareil que d’être seule devant un petit film pornographique, mais pour l’instant, c’est un compromis qui nous va bien.

Il m’était impossible de raconter cette vie de confinement sans parler de sexe, qui est un aspect du confinement qui mérite d’être salué. Coronavirus, ma vie sexuelle te dit merci.

À lire aussi : Comment et QUAND se branler tranquillement quand on vit à deux ?

Vivre en couple à cause du confinement J+4 : gérer les disputes

Comme je suis ces temps-ci plutôt d’une humeur de chien, que j’ai des allergies à cause de la poussière qu’accumule cette vieille maison, que mon cycle ne me fait pas de cadeau, et que cette situation de pandémie est difficile à gérer…

J’avoue que pendant les premiers jours, notre nombre de disputes a quand même sacrément augmenté.

C’est la période du mois ou j’en ai ras le cul de tout, je suis dépressive sans aucune raison apparente, chacune de mes phrases est au mieux agressive, au pire carrément assassine, et avec un peu de coronavirus pour saupoudrer tout ça… ça fait une tambouille peu comestible.

En 4 jours de vie commune, je me suis rendu compte que c’était beaucoup plus simple de se disputer à distance, quand il suffit de lâcher son téléphone pour que la personne disparaisse de son champ de vision.

Là, j’ai beau lâcher mon téléphone, l’homme est toujours dans la maison, et j’ai toujours envie de casser des objets.

À distance on s’engueule, on arrête de se parler pendant plusieurs heures, puis quand l’un de nous deux va mieux, on se réécrit ou on s’appelle pour discuter de ce qui s’est passé.

Alors que là, l’ours est énervé pour une futilité qui apparaît comme ESSENTIELLE au moment présent, l’ours veut partir mais ne peut pas, l’ours voit l’homme qui lui donne envie de taper dans les murs, et comme nous restons là, encore, encore, et encore, puisque NOUS VIVONS ENSEMBLE en période de CONFINEMENT…

L’ours n’arrive pas à redescendre.

Une fois repéré ce mécanisme plus que dérangeant, j’ai fini par m’isoler dès que je sentais que j’allais décapsuler pour aucune raison valable, et finalement, ce n’était pas si compliqué.

Vivre en couple à cause du confinement J+4 : caca, pipi, prout

Je dois vous le dire, j’ai des gaz, beaucoup de gaz, je fais régulièrement de l’aérophagie. Et si c’est assez drôle à entendre pour qui ne le vit pas, c’est carrément handicapant pour qui le vit au quotidien.

Et pour vivre en couple, et qui plus est en confinement, c’est vraiment l’enfer.

Mon mec et moi sommes assez libérés sur le sujet du caca, et nous avons très vite fait tomber le tabou en nous annonçant à l’un et à l’autre quand nous avions envie de déféquer, bien avant d’être coincés ensemble en confinement.

Mais péter… c’est une autre histoire. En parler, oui, péter l’un devant l’autre, c’est inconcevable pour l’instant, pour lui comme pour moi. Et à vrai dire, j’aimerais que ça dure le plus longtemps possible.

Il m’est possible de me retenir de lâcher des gaz quand nous nous voyons deux ou trois jours, mes pets étant très bruyants et difficiles à camoufler. Mais actuellement, comment vous dire que je suis au bout du rouleau ?

J’ai donc arrêté d’essayer de me retenir, puisque ce processus rend les effluves suivantes encore plus difficile à camoufler. J’ai décidé que, comme péter était humain, et que ni mon mec ni moi n’étions débiles, il était ok de parfois lâcher une caisse sous la couette en toute discrétion.

Finalement, je ressors grandie de ce malaise, puisque j’apprends à lâcher prise un peu plus de jour en jour, ce qui me permet d’améliorer ma santé et mon bien-être dans mon quotidien avec mon mec.

Mon ventre et ma tête me disent merci.

Le confinement, vecteur d’expériences humaines inédites

J’ai bien l’impression que cette période vraiment sombre, angoissante, déstabilisante et remplie d’inconnus est aussi une belle opportunité de tester des expériences humaines.

J’ai l’impression d’assister à un moment historique, le moment où nous, occidentaux habitués à être au-dessus de tout, sommes contraints de nous adapter, et de réduire notre activité, alors que la vie de tous les jours nous pousse à la course permanente.

Je trouve ces moments de vie et expériences humaines intéressantes, même si j’aurais aimé qu’elles se passent de drames et de morts. Et je suis heureuse de vivre cette expérience de vie commune avec mon mec, moi qui n’ai jamais eu l’envie de l’expérimenter avant.

C’est la fin de ce premier journal de bord, je te donne rendez-vous dans quelques jours pour de nouvelles épreuves et aventures d’une vie de jeune couple en confinement !

À lire aussi : Comment occuper tes enfants pendant le Coronavirus

Raconte tes anecdotes de vie de couple en confinement !

Si toi aussi tu as fait le choix (ou tu n’as pas eu le choix) de vivre ce confinement en couple, raconte tes anecdotes sur Rockie !

Tu peux envoyer un mail à l’adresse salut[at]rockiemag.com, avec en objet « Vivre en couple en confinement ».

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Le dernier commentaire

22 Mar 2020, à 11:22
Quasi dans la même situation (couple de 9 mois, à distance, qui d'ordinaire ne se voit que le week end). Sauf que moi je suis asexuelle et pas mon mec. Autant, quand il s'agit de ne se voir que deux jours dans la semaine, le rythme de baise me va très bien. Autant, là, au bout d'une semaine, je sature. J'arrive à lui dire "non", c'est pas le problème. Mais quand mon mec me propose TOUS les jours, plusieurs fois par jour, de baiser : ça me gonfle!:non: Mec, tu peux me foutre la paix avec ça pendant au moins 24h ? (J'en ai marre de passer pour la rabat-joie de service : sauf que sincèrement j'ai mille fois plus envie de lire cet essai de psychologie sociale que de me retrouver nue dans un lit collée à lui et pourtant je l'aime énormément).
Mais à part ça, je suis très heureuse d'apprendre à vivre à deux. Pas d'engueulade à déplorer. (Mais en même temps, déjà d'ordinaire on ne s'engueule jamais : si si je vous jure, jamais de cri entre nous : soit on prend du recul et on prend sur nous, soit on communique).
Donc pour conclure, au bout d'une semaine, vivre au quotidien avec mon mec me donne juste envie qu'on s'installe ensemble dans les mois à venir. Quand le confinement sera terminé, je vais absolument chercher un job pour me rapprocher de son lieu d'habitation.
 
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